Un urgent besoin de changer d'air - Olivier McCartney
Olivier McCartney

Enfant de la campagne, mon arrivée à Montréal m’a donné le goût de parler de ce mode de vie d’ancien campagnard déposant ses pénates à Montréal. Car oui, c’est bien différent! Vous me lirez donc – à tous les jours ou presque - échanger sur ma vie au quotidien avec humour et sarcasme: un trait de caractère fort important chez moi. Bienvenue!

Un urgent besoin de changer d'air

J’avais envie de partir vers d’autres horizons, dans un endroit où je retrouverais la sérénité. Les quelques mois, qui venaient de s’écouler à une vitesse hallucinante, m’avaient éprouvé. J’avais dû être sur tous les fronts à la fois, et même les fins de semaines étaient consacrées à mon activité professionnelle. L’autre jour, ma mère m’a offert quelques heures de rires et de bonne humeur. Nous avions prévu de nous retrouver dans un établissement hôtelier, mais elle a décommandé notre table à la dernière minute. Elle a préféré me préparer un repas improvisé. Elle a toujours des ingrédients incroyables, dans son réfrigérateur et son congélateur. Une recette asiatique a été arrangée avec des pommes de terre persillées et sautées à l’huile d’olive. Quelques feuilles de salade accompagnaient le plat, arrosées d’un mélange de vinaigre balsamique et d’herbes aromatiques fraîchement coupées. Les arômes se sont accordés avec finesse et j’ai dégusté un meilleur dîner que celui que j’aurais commandé au restaurant, j’en suis persuadé.

À la fin du repas, notre discussion a porté sur les nouvelles Cuisines préassemblées. Une nouvelle maison venait d’être acquise par mes parents. Mon père était absent, car il avait à organiser les travaux de la demeure. Elle n’était pas délabrée, mais elle manquait de confort. De plus, quelques pièces avaient un style issu du milieu des années mille neuf cent soixante-dix. Les tentures murales et les papiers peints étaient décorés de grosses fleurs orange et marron. Le revêtement en dalles de linoléum dans la salle de bains était à changer. Plusieurs autres détails nécessitaient l’intervention de professionnels, comme pour l’électricité et la plomberie. Peu bricoleur, mon père s’en remet à des personnes bien meilleures que lui dans ces domaines. Il a, par contre, une vision d’ensemble du chantier. Coordonner les différents corps de métier ne lui posait aucun problème.

Il parvient à diriger les équipes avec efficacité. C’est un don que j’aimerais avoir, mais il m’a assuré que je le posséderais en vieillissant. Ma mère m’a certifié que mon père avait prononcé ces paroles, puis elle changea de conversation. Elle avait eu des informations qu’elle voulait partager avec moi, à propos de son cousin. Il venait de s’installer dans un pays européen, et il invitait toute la famille à passer le voir. Cette occasion était parfaite pour que je change d’air. En peu de temps, j’étais prêt. Quand je suis descendu de mon avion, le soleil de l’Italie tapait et les cigales chantaient.