Un cadeau précieux pour ma fille - Olivier McCartney
Olivier McCartney

Enfant de la campagne, mon arrivée à Montréal m’a donné le goût de parler de ce mode de vie d’ancien campagnard déposant ses pénates à Montréal. Car oui, c’est bien différent! Vous me lirez donc – à tous les jours ou presque - échanger sur ma vie au quotidien avec humour et sarcasme: un trait de caractère fort important chez moi. Bienvenue!

Un cadeau précieux pour ma fille

Un cadeau précieux pour ma fille - Olivier McCartney

J’avais un porte-documents en cuir qui m’accompagnait depuis que j’avais commencé à travailler. Sa couleur avait la patine du temps, et de l’usage que j’adorais. Les coutures se défaisaient au-dessus et en dessous, malgré sa résistance. Je devais le renforcer au plus vite. Une de mes connaissances s’adonne à la cordonnerie occasionnellement. C’est un ami qui est doué de ses mains, très créatif, et le travail qu’il fait est toujours soigné. Je l’appelais pour savoir s’il était capable de recoudre ma sacoche. Il m’affirma qu’il y arriverait sans aucune difficulté. En confiance, je lui apportais l’objet.

Une semaine plus tard, je n’avais pas de nouvelles de lui. Mais je connaissais son emploi du temps très chargé, je ne m’inquiétais pas plus, tout en notant dans mon agenda que je devrais l’appeler dans les jours suivants. En attendant que mon sac soit réparé, j’en avais acquis un autre en toile qui me convenait. Il avait des rangements et une légèreté auxquels je n’étais pas habitué. Ma planification financière personnelle m’avait permis de m’acheter du haut de gamme dans cette catégorie. J’appréciais aussi l’étanchéité qui protégeait correctement mon ordinateur portable et mes documents papiers. Chaque petite pochette me donnait une capacité de rangement pour mon téléphone, mes écouteurs, et les différentes prises et branchements que j’avais toujours sur moi. Même mon disque dur parvenait à avoir une place. Je constatais ces avantages quand mon cellulaire sonna.

Mon ami avait fini le travail et il m’invitait à passer dès ce soir le récupérer. Je parvins chez lui en début de soirée, sous une pluie diluvienne. Heureusement que j’avais ma nouvelle mallette ! Je rentrais précipitamment dans la maison. Nous sommes passés au salon. Il me présenta le résultat. Il m’expliqua qu’il l’avait amélioré. En effet, une lanière permettait à présent de le porter en bandoulière. Je ne sais pas comment il avait réussi son ouvrage, mais ma pochette semblait contenir bien plus qu’avant. Par contre, elle n’avait plus du tout le même style. Seule une femme pourrait la porter avec grâce ; je jugeais que pour moi, elle était trop féminine. Je ne dis rien à mon ami. Je ne voulais pas le blesser, ses efforts étaient louables et le sac était beau, même transformé ainsi. Je le mis de côté pendant quelque mois. Pour l’anniversaire de ma fille, je le sortais. Elle fut émue aux larmes, car elle connaissait mon attachement à cet objet. Elle le traita toujours avec beaucoup de respect.