Ma fille, ma négociatrice... - Olivier McCartney
Olivier McCartney

Enfant de la campagne, mon arrivée à Montréal m’a donné le goût de parler de ce mode de vie d’ancien campagnard déposant ses pénates à Montréal. Car oui, c’est bien différent! Vous me lirez donc – à tous les jours ou presque - échanger sur ma vie au quotidien avec humour et sarcasme: un trait de caractère fort important chez moi. Bienvenue!

Ma fille, ma négociatrice...

Ma fille, ma négociatrice... - Olivier McCartney

Je n’ai jamais été très fort en mathématiques. Pour m’aider dans mes choix d’investissements, j’ai un planificateur financier. La calculatrice programmée dans mon téléphone me sert souvent, car même pour des opérations simples, je m’embrouille dans les chiffres. S’il y en a une qui a compris ce défaut, c’est bien ma fille. Elle me demande régulièrement un ajustement de son argent de poche. Elle, par contre, est très douée quand il s’agit de compter. Du haut de ses treize ans, elle me sort un pourcentage chaque mois, en remarquant que l’inflation est décidément de plus en plus forte, et qu’il faut que j’augmente mes paiements. Je crois que j’ai tout intérêt à lui faire suivre un cours en économie, quand elle sera plus grande.

J’avais depuis longtemps projeté l’achat d’une tondeuse. Pas n’importe quelle, une marque de grande qualité, mais dont le prix me faisait mal, rien que d’y penser. Je devais aller au magasin durant la journée. Ils avaient publié un dépliant vantant les remises exceptionnelles accordées à la clientèle pour le vendredi suivant. Ma fille avait un rendez-vous chez le dentiste ce même jour, je l’emmenais donc avec moi.

Je la prévins que je devais acheter ma tondeuse et qu’elle n’aurait d’autre choix que de me suivre. Elle soupira. Je lui expliquais le choix de ce jour, tout heureux que j’étais, d’acheter à bas prix l’objet de mon désir. Quand elle descendit de la voiture, je vis qu’elle était en train de réfléchir. J’entrais avec elle et je me dirigeais vers un vendeur. Je lui décris ce que je voulais et lui demandais quelle remise ils appliquaient sur le modèle que j’avais choisi. Il calcula le montant avec une rapidité que je lui enviais. Ma fille le reprit. Elle aussi avait fait un calcul, mais qui ne tombait pas sur le même résultat. Elle tint tête au vendeur. Elle était sûre d’elle, et elle discuta avec lui d’un rabais supplémentaire de dix pour cent, pour avoir essayé de me vendre la tondeuse plus chère qu’elle l’était. Elle est vraiment extraordinaire. Le vendeur accepta et, en riant, lui proposa une place à la comptabilité dans quelques années.

Je tonds maintenant avec ma magnifique tondeuse électrique, qui me fatigue beaucoup moins que l’ancienne. J’ai remercié ma fille en augmentant encore un peu plus l’argent que je lui donnais. À présent, je l’emmène avec moi chaque fois que j’ai un achat à négocier.